Lettre aux distributeurs pour un meilleur accès aux filmsGIE de programmation SAGEC-CINE 32 Régi par lordonnance du 23 septembre 1967 RC 421 333 899 Egletons le 15 juin 1999 Monsieur le Directeur,
Suite à nos divers entretiens et discussions, ce courrier a pour but de vous faire part de notre préoccupation devant laggravation générale des conditions daccès aux copies de certains films, et de vous proposer de rechercher ensemble des solutions.. Lévolution de la situation qui nous préoccupe participe dun mouvement national, mais elle est aggravée pour nous dune particularité régionale, sur laquelle nous reviendrons. En général, il n'y a pas de problème en ce qui concerne les succès commerciaux potentiels, souvent américains, pour lesquels les copies sont fournies en abondance. Ce point est très positif. En revanche, il y a (et il risque dy avoir de plus en plus souvent) problème pour l'accès aux copies de ces films de qualité qui, sans relever tous forcément de l'Art et Essai, constituent un complément nécessaire aux grandes productions, et sont un atout indispensable pour fidéliser des publics : le nombre de copies mises à la disposition des villes secondaires devient dramatiquement insuffisant. La raison en est évidente : laugmentation du nombre de multiplexes conduit à la raréfaction des copies pour lensemble des autres salles. Et ce phénomène, avec les mutations en cours, tend à s'amplifier de façon inquiétante. Un " exemple " éloquent : dans la région de Bordeaux, sur un plan de 20 copies 12 copies sont bloquées sur 4 villes :
On comprend aisément qu'avec les huit copies restantes, il n'y a plus de quoi assurer l'accès au film en sortie nationale dans les salles de bien des villes moyennes de la région. Le phénomène est amplifié dans notre région : le nombre limité dagglomérations importantes, entraîne une dotation en copies inférieure à ce quil serait nécessaire pour atteindre le marché potentiel. Cependant lensemble de ces exploitations représente une part significative du marché, marché de proximité que menacerait le ralentissement de l'accès aux films dans leur diversité. A ce sujet, il est utile de rappeler quelques chiffres : notre groupement à réalisé 2,5 millions de spectateurs en 1998, et 1 million au cours des seuls 4 premiers mois de 1999. Si des films " majeurs " atteignent des scores considérables, celui des films " moyens " est également à mesurer et assure lamortissement de nombreuses copies ( voir document joint). Il doit être clair que notre démarche ne consiste pas simplement à protester, en attendant tout de vous! Au contraire, elle sinscrit dans une action permanente pour moderniser, dynamiser, diversifier notre activité et ses structures :
Dans cette action (dont les retombées commerciales ne sont pas négligeables pour les distributeurs), lEtat et le C.N.C. ont apporté et apportent un soutien indispensable. Il nen reste pas moins que nous ne devons pas compter seulement sur ce soutien pour aider nos salles à conserver leur efficacité (efficacité dans la diffusion des films, efficacité dans le maintien dun marché de proximité). Cest pour cela que nous nous adressons à vous. Il est évident que laction de lADRC (petites villes) et la procédure daide au tirage de copies villes moyennes ne peuvent à elles seules remplacer le déficit structurel qui semble se dessiner : si les distributeurs sen remettaient à ce seul organisme pour atteindre le marché des villes secondaires, dune part le budget actuel de 30 MF devrait décupler, dautre part les contraintes administratives priveraient ces salles de tous les films dont les copies sont tirées à létranger. Alors, que faire ? Voici ce qui se fait déjà avec des entreprises de distribution de dimension modeste : en sappuyant sur notre réseau pour la mise en place de films parfois difficiles, et au marché limité, on organise des plans de sortie combinant des copies distributeur et des copies ADRC. Ce type de partenariat avec le GIE SAGEC-CINE 32 pour des films fragiles (ou a priori fragiles) donne souvent des résultats étonnants (exemple de KIRIKOU, sur lequel ce groupement a réalisé à ce jour 44 826 entrées) . Cest aussi ce qui se fait depuis de nombreuses années avec des structures telles que lACREAMP (avec une garantie de circulation sur un nombre important de semaines) A plus forte raison, sur les films moyennement commerciaux, au vu de limportance des salles que nous représentons, ne pourrait-on pas mettre en place des démarches du même type, fondées sur la capacité du réseau et pas seulement sur la hiérarchie des villes ? Nous vous proposons de réfléchir à des pistes de solutions, auxquelles nous avons intérêt de part et dautre. Question préalable : à quelle hauteur, selon vous, une copie dun film standard est-elle amortie ? A partir de cette réponse, on pourrait :
A votre écoute pour avancer, Bien cordialement Jean-Pierre VILLA & Alain BOUFFARTIGUE Envoi : à MM. les responsables des ventes : COLUMBIA, GBVI, PATHE, UFD, UIP, WARNER à MM. les directeurs des Agences régionales COLUMBIA, GBVI, PATHE, UIP, WARNER Copie à : Monsieur le Directeur Général du CNC, Monsieur le Délégué Général de lADRC, Monsieur le Médiateur du Cinéma
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