Communiqué de CINE 32

La seconde édition du FESTIVAL CINE 32 " Indépendance(s) et Création " (président : Daniel Toscan du Plantier), s'est déroulée avec succès à Auch et dans le Gers du Jeudi 14 (en ouverture Solveig Anspach et son " Haut les cœurs ! ") au dimanche soir 17, avec Ettore Scola présentant son nouveau film, " Le Dîner ". Entre ces deux séances, 32 autres films, tous inédits ou en avant-première, dont un bon tiers de premiers films, et de films de femmes cinéastes. Beaucoup de rencontres (y compris, pour cinq films dans cinq autres salles Art et Essai du département), avec des invités heureux qui retrouvaient ou découvraient le climat si particulier du cinéma gersois, croisement atypique de la convivialité gasconne et de la passion pour le cinéma de création, addition du plaisir multiforme que donnent les films et de l'exercice d'un regard critique bienveillant.

C'est ainsi que sont venus et que reviendront, outre ceux déjà cités : les cinéastes Chantal Akerman, Yousry Nasrallah, Garri Bardine, Franssou Prenant, Stéphane Brizé, Brigitte Coscas, Michel Couvelard, Anne-Marie Etienne, Marion Vernoux, Randa Chahal-Sabbbag, Eric Valli, et aussi Pascal Thomas, qui n'oublie pas que le succès de " la Dilettante " commença à Auch ; les comédiennes et comédiens Ariane Ascaride, Mathilde Seigner, Florence Vignon, Jean-Pierre Darroussin, Philippe Torreton, Julien Cottereau ; les producteurs Humbert Balsan, Alain Rozanes, Jean-Luc Ormières, Michel Propper, etc etc... A l'arrivée, près de 6000 entrées pour un petit festival dont le premier objectif est de mettre en contact tous ceux qui peuvent faire vivre les films : créateurs, diffuseurs des salles de proximité et indépendantes Art et Essai, critiques, spectateurs. Il s'agit bien, plus que jamais, de la défense et illustration de ce que veut apporter le cinéma de proximité, dans une logique pacifique mais résolue d'alternative au tout industriel !

Le fil conducteur était donc tout naturellement une réflexion sur le regard critique. Réflexion enrichie dans le pré-festival par 5 ateliers sur des films présentés dans les actions scolaires, du primaire au lycée (Tim Burton, Pialat, Mizoguchi, Ford, Hitchcock) à propos desquels, en collaboration avec la Cinquième, sous le regard de trois caméras et avec la présence active d'un public de jeunes de tous âges, quatre spécialistes (critiques, enseignants, étudiants) retrouvaient dans un dialogue à rebonds leur rapport et leur histoire de spectateur avec le film. Réflexion également, devant une salle de Théâtre archicomble, avec la désormais très attendue table-ronde Arte, cette fois sur le thème " Critique et promotion : quels territoires ? quels enjeux ? quelles responsabilités ? ", où il fut vérifié que la diversité des points de vue allait de pair avec un dialogue, certes passionné, mais constructif, dans la mesure où il permettait de mieux sérier les problèmes, et de mieux poser certaines questions : mené par Marc Voinchet, le débat permit de passionnantes interventions des universitaires Laurent Creton et Daniel Serceau, des professionnels Régine Vial et Xavier Blom, des cinéastes Chantal Akerman, Yousry Nasralah et Pascal Thomas, et des critiques Serge Toubiana et Pascal Mérigeau.

Sans doute aucun, la troisième édition va préciser et enrichir cette voie, loin de toute préoccupation de palmarès : aider les films, aider les cinéastes, aider les salles de proximité, en sachant à quel point l'exigence (critique) et le respect amical sont le meilleur moyen de faire vivre le cinéma des cinéastes, et de répondre à l'attente de tant de gens qui veulent vivre leur vie de spectateurs en toute indépendance, et en toute générosité.

Donc, pas de palmarès, mais beaucoup de soutiens en perspective (AFCAE pour beaucoup, le réseau SAGEC CINE 32 aussi, Amnesty International pour SUD, les étudiants de Toulouse avec le CROUS). Bref, un festival qui n'a pas de prix !

19/10/99 Alain Bouffartigue

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